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La figure du mois : David Carson

Qui est David Carson ? 🤔

 

Avant même la révolution numérique, la fin des années 70 et le début des années 80 étaient porteurs de remises en question des principes du graphisme et de la typographie, avec l’arrivée de la nouvelle vague et du postmodernisme. Toutefois, le grand tournant est bel est bien l’introduction de l’ordinateur Macintosh en 84. Il s’agit d’un évènement explosif et critique de l’histoire du graphisme. Rendant systématique la production de textes électroniques, reléguant l’écriture manuscrite à un champ marginal et désuet. Le numérique fait disparaître la charge émotive du papier, du stylo, de la forme de l’écriture, des ratures…

 

Un moment qui a ouvert le graphisme à de nouvelles possibilités que certains embrasseront tandis que d’autres les refuseront. Au début des années 90, le public craint de voir disparaître l’imprimerie dans sa dimension traditionnelle, celle qui accordait de la valeur aux choix du papier et des encres. L’outil informatique dans la pratique graphique ne peut plus être nié. Cette génération de graphistes (indépendants, petits studios ou grandes sociétés) s’est lancée à l’assaut de presque tous les autres champs. David Carson en fait parti.

 

 

Les débuts de David Carson

 

À l’apogée de sa carrière de surfer, qui a commencé officieusement à l’âge de 10 ans, David Carson était classé huitième mondial. Parallèlement à sa pratique sportive, Carson suit des études et obtient un diplôme de sociologie à la San Diego State University en 1977. Il enseigne dans un lycée à Grant Pass, Oregon. Au début des années 1980, alors qu’il approche 26 ans, Carson découvre le graphisme. Initialement par le biais d’un atelier de deux semaines organisé par la University of Arizona en 1980.

 

Lors de ces études il va faire un stage chez Surfer Publications. Quand le magazine cesse d’être publié, Carson retourne à l’enseignement en Californie en 83. Il se voit confier l’opportunité de concevoir Transworld SkateBoarding, un magazine de 200 pages, pour lequel il travaillera pendant son temps libre pendant quatre ans. En 1983, il suit un atelier graphique de trois semaines en Suisse auprès de Hans-Rudolph Lutz notamment (typographe et graphiste Suisse).

 

Consécration avec Ray Gun

 

Après avoir travaillé pendant un an à Boston pour le magazine Musician, Carson retourne en Californie en 1989 pour participer au lancement d’un nouveau magazine de Surfer Publications, Beach Culture. Il n’en paraîtra que 6 numéros, mais Carson y saisit l’occasion pour déployer sa typographie exploratoire. Après avoir été quelque temps directeur artistique de Surfer, Carson voit enfin sa carrière lancée en 1992. Il devient directeur artistique du magazine Ray Gun, une publication destinée aux jeunes et qui se surnomme “la bible de la musique et du style”. En trois ans et 30 numéros, Carson ose un nombre vertigineux de manœuvres typographiques, violant toutes les règles imaginables, faisant les délices des uns et l’horreur des autres.

 

Un style particulier…

 

Marvin Scott jarret désirait lancer un magazine d’un genre nouveau. Axé sur le style et l’attitude, pour dépeindre le visage changeant de la musique dans les affres du grunge, et d’autres styles musicaux dont MTV, Rolling Stone ou Spin ne parlaient pas. Il se tourne vers David Carson intéressé par son travail à l’éphémère Beach Culture. Il lui propose le poste de DA. Ray Gun apparaît dans les kiosques en 1992. Le magazine incarne l’habitude de Carson de faire entorse aux règles du graphisme.

 

Contrairement aux relations habituelles entre un rédacteur en chef et DA, Carson et Jarret discutent rarement de l’orientation graphique du contenu, hormis de celles de la couverture. Jarret a laissé une liberté totale et les résultats font l’objet d’un flot de compliments et de critiques dédaigneuses de la part de l’industrie de la musique, de l’édition, du graphisme… Les pages les plus appréciées de Ray Gun sont cinétiques et séduisantes… Tandis que les plus perturbatrices présentent un récit composé en Zapf Dingbats (typographie constituée uniquement de symboles et de glyphes).

 

Carson s’est chargé de la DA parmi une pléiade d’autres tâches créatives ; Ainsi, il a habilement commandé des travaux de nouveaux photographes, illustrateurs et créateurs de caractères dynamiques. La fonderie de caractères numériques GarageFonts a vu le jour en 93 pour distribuer et développer les polices utilisées dans Ray Gun. Carson et Jarret ont mis un terme à leur collaboration en 1995 après 30 numéros. Mais en seulement 3 ans son travail a donné lieu à d’innombrables imitations et reste encore à ce jour des sujets de dissertations.

 

Le travail et l’héritage de David Carson :

 

Dans la création d’un graphisme pour une couverture de magazine, un article ou un site web, il y a une chose qu’un graphiste doit systématiquement prendre en compte, explique Carson. C’est toujours la cible, son langage visuel et ce qu’elle a vu dans sa vie. Il faut s’interroger : comment communiquer et renforcer visuellement ce qui est écrit ou dit ? Comment rester dans la course en investissant ce champ-là en particulier ? Le graphisme de Carson est influencé par le surf, la board culture et ses idées de liberté. Son environnement ainsi que son expérience ont toujours influencé son travail. Non pas directement, mais indirectement, par les formes, les couleurs… Un point central de la technique de Carson est le démantèlement énergique de la typographie. Il déforme les caractères, sépare les mots, condense les paragraphes et défigure les mises en page… parfois au bénéfice du texte, parfois à son détriment.

 

Selon lui, il est important que les graphistes mettent une part d’eux-mêmes dans leur travail. N’importe qui peut acheter les mêmes logiciels de créations et apprendre les règles fondamentales. En revanche, personne ne peut retirer à qui que ce soit son univers, son éducation ou ses expériences, suite à ses études en sociologie pas étonnante que Carson s’attarde sur les émotions. Il aime à répéter que tout vient du graphiste lui-même et que s’il n’a pas l’œil, aucun logiciel ne pourra lui apporter. “Ce n’est pas l’ordinateur de décider des distances à laisser entre les colonnes, il faut pouvoir prendre ces décisions.”

 

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